Règle des 5 B : tout ce qu’il faut savoir
Une erreur médicamenteuse éclate toutes les cinq minutes dans les établissements de santé français : ce chiffre brut, livré par l’Agence nationale de sécurité du médicament, ne laisse place à aucune ambigüité. Les protocoles s’accumulent, les tâches aussi, et la complexité des prescriptions finit par tendre le fil sur lequel avancent médecins et soignants.
Pour répondre à ce défi, une méthode éprouvée s’est imposée dans les hôpitaux : une procédure structurée, qui vise à resserrer les mailles du filet et limiter ces incidents. Derrière sa simplicité apparente, elle demande une vigilance sans faille à chaque étape du parcours du médicament.
Plan de l'article
La règle des 5B : un pilier de la sécurité dans le circuit du médicament
Dans les coulisses des établissements de santé, une règle discrète mais inflexible guide les gestes des soignants. La règle des 5B s’est imposée comme rempart face aux erreurs médicamenteuses. L’OMS estime d’ailleurs que la moitié de ces incidents pourraient être évités en renforçant les procédures. Ici, la sécurité du patient ne tolère aucune approximation : chaque maillon du circuit du médicament réclame une attention partagée, du prescripteur au pharmacien.
Ce circuit ne se résume pas à une simple chaîne logistique. Il fédère de multiples étapes, de la prescription à l’administration, mobilisant des compétences variées. La coordination entre les différents professionnels assure à la fois la qualité des soins et la maîtrise des risques. Appliquer rigoureusement les 5B, c’est s’assurer à chaque fois que le bon produit, administré à la bonne dose, par la voie adéquate, au bon moment, parvient à la bonne personne.
Loin de n’être qu’un incident administratif, une erreur médicamenteuse bouleverse le parcours du patient : complications, effets indésirables, hospitalisation prolongée, parfois issue fatale. Les équipes en sont conscientes : la prévention repose sur une méthode claire, partagée et transmise partout, du bloc opératoire aux unités de soins longues durées. La règle des 5B s’est ainsi inscrite comme norme collective.
Voici les acteurs et notions clés qui soutiennent cette démarche :
- Professionnels de santé : garants d’une gestion rigoureuse et attentive du médicament.
- OMS : référence mondiale pour la réduction des erreurs médicamenteuses.
- Circuit du médicament : pilier d’une prise en charge fiable et sécurisée.
Quels sont les cinq « B » et comment préviennent-ils les erreurs médicamenteuses ?
La règle des 5B tient en cinq points, mais chacun agit comme un verrou de sécurité. L’objectif : réduire le risque d’erreur médicamenteuse à chaque étape et pour chaque patient. La vigilance ne s’improvise pas, elle se cultive.
Voici les cinq points à vérifier systématiquement :
- Bon patient : contrôler l’identité avec rigueur, via identitovigilance, bracelet et Identifiant Permanent du Patient (IPP). Cette double vérification limite les confusions, surtout dans les services où les prénoms et noms se ressemblent.
- Bon médicament : s’assurer du nom, de la forme galénique et de l’aspect du produit. Les médicaments aux emballages proches peuvent prêter à confusion ; la vérification visuelle devient alors décisive.
- Bonne dose : relire la prescription, mesurer précisément, vérifier la concentration. Les erreurs de dosage, surtout chez l’enfant ou la personne âgée, peuvent avoir de lourdes conséquences.
- Bonne voie d’administration : vérifier la voie prescrite (orale, intraveineuse, sous-cutanée, etc.) et choisir le matériel adapté. Négliger ce point, c’est s’exposer à des incidents graves.
- Bon moment : respecter l’horaire et la fréquence des prises. Alarmes, notations dans le dossier patient et suivi strict garantissent la bonne régularité du traitement.
Il suffit d’un seul maillon faible pour créer un incident. Pour cette raison, la prévention repose sur l’application systématique des 5B à chaque administration, sans jamais céder à l’habitude. L’expérience l’a prouvé : cette rigueur quotidienne reste la meilleure défense contre les effets indésirables graves.

Enjeux actuels et bonnes pratiques pour renforcer l’application des 5B au quotidien
Pour sécuriser le circuit du médicament aujourd’hui, il faut conjuguer méthodes éprouvées et outils numériques. Gestion documentaire électronique, audit interne, déclaration d’incidents : ces dispositifs sont devenus le quotidien des établissements de santé, mais aussi des infirmiers libéraux. Selon l’OMS, la moitié des erreurs pourraient être évitées par une meilleure organisation. Privilégiez la centralisation des données et la standardisation des pratiques pour réduire les risques.
Voici les outils et organisations qui améliorent la sécurité de la médication :
- Armoire de dispensation automatisée (Omnicell) : accès contrôlé et traçabilité à chaque étape, limitant les erreurs. L’automatisation ne se contente pas d’optimiser la gestion, elle verrouille chaque distribution.
- Dossier patient électronique : prescriptions claires, coordination renforcée, accès aux antécédents, traçabilité accrue.
- Logiciel de gestion des médicaments (MedXpert) : suivi des stocks, commandes sécurisées, alertes en cas d’anomalie. La chaîne logistique n’a jamais été aussi transparente.
- Préparation Distribution Administration (PDA) : particulièrement prisée des infirmiers libéraux, la PDA structure la prise et la distribution, et permet d’éviter oublis ou doublons.
La formation continue et l’auto-évaluation sont des alliées précieuses. Déclarer les incidents, les analyser, mettre en place des plans d’action : ces démarches font évoluer les pratiques. L’éducation du patient, loin d’être accessoire, réduit aussi les risques à domicile, notamment pour les personnes fragiles. Bâtir la sécurité du circuit du médicament, c’est donc un effort quotidien, au lit du patient comme en pharmacie centrale.
Au bout du compte, la règle des 5B ne s’improvise pas : elle se vit, se transmet, se répète. Elle impose un rythme, une discipline, mais offre en retour ce pour quoi chaque soignant s’engage : la confiance et la sécurité du patient. C’est là que le soin prend tout son sens.